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L’amour au travail : les 5 règles d’or

A l’occasion de la Saint-Valentin, bonne fête à tous les amoureux !! Y compris ceux qui vivent leur idylle au boulot… En Europe, diverses enquêtes situent entre 10 et 30% le nombre de couples qui se seraient formés grâce à une rencontre sur le lieu de travail. C’est beaucoup. Aussi n’est-il jamais inutile de rappeler quelques pièges à éviter quand l’amour vous foudroie près de l’imprimante ou de la machine à café. Voici les 5 règles d’or à suivre absolument, élaborées d’après une étude rigoureusement non scientifique de mes contemporains au bureau et une certaine expérience personnelle.

Conseil N°1 : no zob in job !

Entretenir une liaison sur son lieu de travail n’est pas de tout repos. Ce peut même être une source de tracas considérable. C’est que, voyez-vous, les gens sont méchants. Pas tous, mais il y aura toujours une bonne âme pour émettre des suspicions de favoritisme si l’un des deux protagonistes est le supérieur hiérarchique de l’autre, toujours un collègue bien intentionné pour vous demander, en plein déjeuner d’équipe, comment se passe votre liaison avec Untel (Unetelle). Ne parlons même pas du bon samaritain qui essayera d’obtenir, auprès de votre nouvel amour, des confidences sur votre intimité, afin (bien entendu) de s’assurer que « tout fonctionne bien entre vous ».

Conseil N°2 : de la discrétion

Vous n’avez pas suivi ou ne comptez pas suivre le conseil N°1 ? C’est déplorable. Essayez au moins de vous conformer à celui-ci.
Avant même qu’une histoire commence, sachez rester discret(e). Que vous éprouviez le coup de foudre pour une accorte comptable ou un irrépressible désir pour un fascinant chef de produit, inutile d’en avertir vos petits camarades. Souvenez-vous des problèmes que cela posait, à l’école, à ceux qui commettaient cette erreur : en récréation, personne ne parlait d’autre chose.
La liaison a déjà commencé ? Grand bien vous fasse, mais pourquoi diable aller vous en ouvrir à qui que ce soit ? Le meilleur moyen de ne pas ébruiter une histoire reste de ne pas la raconter. Attention, aussi, aux échanges de mails peu professionnels qui pourraient être découverts à la pause de midi par des yeux sans éthique. Et puisqu’on parle de pause déjeuner, ne la passez pas tous les jours en compagnie de l’élu(e) de votre cœur, ou ça ne tardera pas à jaser.
Songez, enfin, que la discrétion ne vous met pas à l’abri de certaines réflexions de collègues que vous souhaiterez n’avoir pas entendues : « On se demande comment il (elle) est arrivé(e) à ce poste », « Il est sympa mais ce qu’il est vulgaire », « Qu’est-ce qu’elle est bonne, d’ailleurs elle en joue à fond » … Ne sur-réagissez pas, c’est peut-être un test pour vous pousser à avouer ce que d’aucuns, malgré vos précautions, soupçonnent.

Conseil N°3 : de la lucidité

Avez-vous bien évalué quelles pouvaient être, sur tous les plans, les conséquences de votre liaison ? Hé oui, c’est bien beau de voguer sur un océan d’amour, sauf que cela peut vite ressembler à Titanic si l’on ne se pose pas quelques questions avant la traversée du champ d’icebergs.
Tout d’abord, est-ce du solide ou seulement passager ? Dans le premier cas, il faudra bien finir par avertir les collègues et la hiérarchie ; cela aura-t-il des conséquences professionnelles, et si oui lesquelles ? Dans le second cas, s’il ne s’agit que d’une amourette ou d’un besoin subit d’exultation des sens, les deux protagonistes l’ont-ils bien appréhendé de la même manière ? En effet, si les choses peuvent se passer désagréablement dans la vie civile quand un élément du couple plaque abruptement l’autre, elles en restent généralement là. On ne se voit plus, c’est tout. Au travail, en revanche, il faudra continuer à se croiser, se parler, voire collaborer étroitement sur des projets : cela ne risque-t-il pas de créer un climat ?
Efforcez-vous par conséquent d’envisager les diverses possibilités que vous offrent l’avenir, et si possible d’en parler franchement à deux. Le romantisme y perdra ce qu’y gagnera votre sérénité future…

Conseil N°4 : du cloisonnement

Pour l’harmonie de votre vie professionnelle comme pour celle de votre couple, cloisonnez.
Sur le lieu de travail, pas de bisous dans le cou ni de gestes déplacés. Pas de disputes incongrues ou de tirades enflammées non plus. Surveillez votre langage dans les échanges professionnels. À titre d’exemple, un dialogue du type « Peux-tu m’envoyer le PDF du client, Mamour ? – Je ne l’ai pas reçu, Minou ! » est à proscrire. Quant aux pauses « cigare » à la mode Bill Clinton, elles sont évidemment formellement interdites (comme le sont d’ailleurs aussi, en entreprise, la cigarette et la pipe).
À la maison, évitez de parler boulot. Laissez cela aux couples banals, vous en savez, vous, déjà suffisamment sur l’environnement de travail de l’autre. D’autant que des griefs professionnels pourraient rapidement ressurgir et gâcher vos soirées, par exemple si vous êtes tous deux en rivalité pour l’obtention du titre de commercial du mois. Ne souriez pas, c’est arrivé.

Conseil N°5 : de la franchise

Bon, alors finalement, c’est du sérieux ? Fichtre, il va falloir assumer ! Si vous décidez de vivre ensemble, ne croyez pas en effet que vous échapperez au coming-out. Autant l’annoncer, donc, avant que d’autres ne le fassent pour vous. La diplomatie (éloignée de l’usage) recommande d’avertir en premier lieu votre hiérarchie, qui appréciera sans doute davantage cette marque de confiance que d’être informé par un faire-part de mariage. Choisissez donc, pour affranchir votre supérieur, un moment approprié. Il peut se montrer compréhensif. Dans un grand groupe, un changement de service peut même être organisé, au grand bénéfice du couple et de l’ambiance au sein de l’équipe où il évoluait jusqu’alors.
Dans une PME de moins de dix personnes, la révélation peut changer radicalement le regard d’un dirigeant (sauf s’il fait partie dudit couple) : on risque de pousser l’un des deux vers la porte, ce qui ne manquera pas de créer quelques tensions entre vous et votre amour. Si votre histoire est sérieuse, vous saurez surmonter cette étape délicate. Terminons par deux cas particuliers (pris au hasard parmi 9 000 autres) : si votre amante est l’assistante du patron, c’est vous qui perdrez votre job, pas elle. Si l’assistante de votre patron est aussi son épouse, ce qui reste fréquent dans nombre de TPE, essayez de négocier rapidement les conditions de votre départ avant qu’elle lui annonce votre liaison et son désir de vivre avec vous.

Je vous souhaite à présent beaucoup de bonheur, et songez tout de même à travailler un peu quand vous bossez.

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Parlons RH – Jean de LOŸS – 2009

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