J'AI ENVIE DE PASSER A AUTRE CHOSE...
Vous vous êtes habitué à changer de saison, d’heure, d’année…
Mais pouvez-vous en dire autant lorsqu’il s’agit de changer de carrière, d’entreprise, de rythme de vie, d’organisation ou simplement d’habitudes ?
Si vous avez le sentiment de vouloir passer à autre chose, vous avez certainement déjà perçu quelques signes avant-coureurs :
- un sentiment d’usure de plus en plus présent ;
- une baisse de vos performances ou de votre engagement ;
- un ennui qui devient récurrent ;
- un manque de motivation pour agir, créer, innover ou vous battre ;
- l’impression de ne plus avancer, voire de ne plus être à la hauteur.
C’est parfois ainsi que commence ce que l’on appelle une traversée du désert. Ce qui fonctionnait jusque-là ne fonctionne plus tout à fait. Vous ne vous sentez plus suffisamment en force pour continuer à surfer sur la même vague.
Vous avez envie de passer à autre chose. Mais entre ressentir le besoin de changer et réellement changer de cap, il existe un passage parfois inconfortable.
Comme beaucoup, j’ai moi-même connu ce moment. Avec le recul, je crois même qu’il fait partie de nombreux parcours professionnels et personnels. Voici quelques principes qui m’ont aidé à traverser ces périodes et à retrouver l’envie d’avancer.
1. Regarder aussi ce que la situation peut nous apprendre
Penser positivement lorsque tout paraît noir peut sembler dérisoire. Il ne s’agit pourtant ni de nier les difficultés, ni de se convaincre artificiellement que tout va bien.
Nos émotions négatives — incertitude, peur, tristesse, déception — ont aussi quelque chose à nous dire. Vouloir les éliminer à tout prix peut même nous empêcher de comprendre ce qui est en train de se passer.
Un échec, une lassitude ou une période de doute peuvent devenir des informations.
Changer de regard consiste alors moins à nier le problème qu’à essayer de le regarder autrement : qu’est-ce que cette situation m’apprend ? Qu’est-ce qu’elle révèle de ce que je ne veux plus ? Et peut-être de ce que je voudrais désormais ?
2. Penser petit
En pleine tourmente, nous pouvons être tentés de chercher immédiatement « le grand projet » qui donnera un nouveau sens à notre vie.
Ce n’est pas toujours nécessaire.
Se raccrocher à un projet, aussi modeste soit-il, permet de rester dans l’action. Un rendez-vous, une idée à tester, une compétence à développer, une tâche enfin terminée : les petits mouvements recréent progressivement une dynamique.
Lorsque nous ne savons plus exactement où aller, faire un petit pas est parfois plus utile que chercher immédiatement la destination finale.
3. S’entourer de quelques bonnes personnes
La force d’un réseau ne se fait jamais autant sentir qu’en période de turbulence professionnelle ou personnelle.
Mais ce n’est pas nécessairement le nombre de personnes qui compte. Quelques interlocuteurs capables d’écoute, de discernement et de franchise peuvent suffire.
Quelquefois, une conversation, une question ou le regard différent d’une personne permet de débloquer une situation que nous examinions depuis trop longtemps sous le même angle.
4. Et prendre un peu de distance avec d’autres
Certaines relations nous donnent de l’énergie. D’autres nous en prennent.
Un signe assez révélateur consiste à observer dans quel état nous nous trouvons après avoir rencontré quelqu’un : davantage encouragé, curieux et confiant ? Ou systématiquement plus découragé, inquiet ou diminué ?
Il ne s’agit pas nécessairement de rompre des relations. Mais dans une période de fragilité ou de transition, nous pouvons choisir plus consciemment les influences auxquelles nous nous exposons.
5. Établir une routine de travail
Les sportifs s’appuient sur une discipline d’entraînement. Ils n’ont pas à décider chaque matin s’ils vont commencer : une partie de leur journée est déjà structurée.
Dans une période difficile, la routine peut jouer le même rôle.
Lorsque beaucoup de choses deviennent incertaines, quelques habitudes simples redonnent des points de repère : une heure pour commencer, un temps consacré aux priorités, une promenade, un moment sans téléphone, une heure réservée à un projet.
La routine ne résout pas l’incertitude. Elle évite simplement que l’incertitude envahisse tout.
6. Simplifier certaines décisions
Lorsque l’énergie manque, chaque décision supplémentaire peut devenir une charge.
Il est alors utile de décider à l’avance quand et comment certaines tâches seront réalisées. Par exemple, réserver le début de journée au travail qui demande le plus de concentration, regrouper certaines tâches répétitives ou protéger quelques plages horaires des sollicitations extérieures.
L’objectif n’est pas de devenir une machine à produire davantage.
Il consiste au contraire à économiser son énergie mentale pour ce qui mérite réellement notre attention.
7. Se projeter à 6 ou 12 mois
Pas nécessairement pour prendre de grandes résolutions ni pour construire immédiatement un plan d’action détaillé.
Essayez simplement d’imaginer votre situation dans six mois ou dans un an si cette période difficile est derrière vous.
Qu’est-ce qui aura changé ?
Qu’aurez-vous cessé de faire ?
À quoi consacrerez-vous davantage de temps ?
Avec qui travaillerez-vous ?
Comment aurez-vous envie de vous sentir ?
Se projeter ne prédit pas l’avenir. Mais cela permet parfois de faire apparaître ce que nous désirons réellement.
8. Changer une chose dans sa routine
Les habitudes nous sécurisent, mais elles peuvent aussi nous enfermer dans une manière unique de voir les choses.
Créer volontairement un petit décalage peut suffire à modifier notre perception : changer de lieu de travail, emprunter un autre chemin, commencer la journée autrement, découvrir un nouvel univers, rencontrer des personnes différentes.
Le changement n’a pas besoin d’être spectaculaire pour produire un déplacement.
Modifier quelque chose autour de soi peut parfois aider à modifier quelque chose en soi.
9. Créer des moments de silence
Méditer ne signifie pas nécessairement adopter une pratique compliquée.
Cela peut être marcher quinze minutes, respirer, lire quelques pages, s’asseoir sans téléphone ou simplement ne rien faire pendant quelques instants.
Dans une période où notre esprit cherche continuellement des solutions, ces moments ont une fonction essentielle : laisser un peu d’espace entre nos pensées.
C’est parfois dans cet espace que certaines réponses apparaissent.
10. Faire quelque chose simplement pour le plaisir
Aller au cinéma, à la piscine, au théâtre, à un concert, cuisiner, jardiner, marcher, écouter de la musique…
Peu importe finalement l’activité.
Lorsque nous traversons une période difficile, nous pouvons finir par considérer que chaque minute doit servir à résoudre notre problème.
Or nous avons aussi besoin de moments qui ne servent à rien d’autre qu’à être vécus.
S’arrêter n’est pas nécessairement perdre du temps. C’est quelquefois ce qui permet de recommencer à avancer.
Et si vous étiez simplement en train de changer de cap ?
Avec le recul, certaines périodes difficiles apparaissent comme des moments décisifs de notre parcours.
Sur le moment, pourtant, tout est beaucoup moins clair. Nous avançons à tâtons.
Imaginez que vous marchiez en forêt sur un sentier balisé. Régulièrement, de petites pancartes vous indiquent le chemin. Puis, tout à coup, vous réalisez que cela fait longtemps que vous n’en avez plus aperçu.
Vous êtes-vous perdu ?
Avez-vous manqué une indication ?
Faut-il continuer ou revenir en arrière ?
Vous commencez alors à regarder autrement ce qui vous entoure. Une trace, une branche, la direction du soleil ou le relief deviennent des informations auxquelles vous ne prêtiez plus attention lorsque le chemin était évident.
Dans la vie professionnelle comme dans la vie personnelle, il se passe parfois la même chose.
Lorsque nos anciens repères disparaissent, notre premier réflexe consiste souvent à vouloir en retrouver immédiatement de nouveaux.
Mais cette période d’incertitude possède peut-être aussi une fonction : elle nous oblige à regarder ce que nous ne regardions plus.
Le sens de l’observation, la capacité de s’arrêter, l’art de poser des questions et la faculté de remettre en cause certains automatismes deviennent alors des ressources précieuses.
Et avant de chercher immédiatement votre prochaine destination, une question mérite peut-être d’être posée :
Quel changement de cap gardez-vous encore en sourdine ?






